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La surcharge émotionnelle

Se perdre pour mieux se retrouver : quand le silence intérieur devient nécessaire

Il arrive un moment dans la vie où l’on ne se reconnaît plus tout à fait. Les gestes sont là, les habitudes aussi, mais l’élan intérieur semble s’être effacé. On avance par automatisme, en répondant aux attentes, aux urgences, aux rôles que l’on endosse depuis si longtemps qu’ils finissent par nous confondre. Ce n’est pas toujours une crise visible. C’est parfois juste un flou, un léger décalage, une impression d’être passé à côté de soi-même.

Le mythe de la continuité

On nous apprend à être cohérents, constants, stables. À “savoir où l’on va”. Pourtant, la vie intérieure n’est jamais linéaire. Elle est faite de cycles, de mues, de périodes d’expansion et de replis. Se perdre n’est pas forcément un échec ; c’est souvent le signe qu’une ancienne version de soi ne suffit plus à contenir ce que l’on devient.

Ce moment de perte peut être déstabilisant. Il donne l’impression de ne plus avoir de repères, de douter de ses choix passés, parfois même de ses valeurs. Mais ce flou n’est pas vide : il est un espace de transition.

Quand le bruit intérieur devient trop fort

Avant de pouvoir se retrouver, il faut souvent accepter de faire taire le bruit. Celui des injonctions, des comparaisons, des pensées incessantes qui commentent chaque décision. Ce vacarme intérieur empêche d’entendre ce qui murmure plus doucement : les besoins profonds, les élans sincères, les vérités intimes.

Le silence intérieur n’est pas une absence. Il est une présence différente. Un espace où l’on cesse de réagir pour commencer à ressentir. Un lieu où les réponses ne sont plus immédiates, mais plus justes.

L’inconfort du vide

Se retrouver passe presque toujours par un moment de vide. Un entre-deux inconfortable où l’on ne sait plus exactement qui l’on est, mais où l’on sent que l’on ne peut plus continuer comme avant. Ce vide fait peur, car il échappe au contrôle. Il oblige à ralentir, à ne plus remplir chaque instant, à accepter de ne pas savoir.

Pourtant, c’est dans cet espace que quelque chose de neuf peut émerger. Comme une terre en jachère, l’âme a parfois besoin de repos pour redevenir fertile.

Réapprendre à écouter les signaux subtils

Se retrouver ne se fait pas par un grand déclic spectaculaire. C’est souvent une succession de micro-ajustements : une fatigue que l’on respecte enfin, une envie que l’on ose suivre, une limite que l’on pose sans se justifier. Ces petits choix, presque invisibles, sont les balises d’un retour à soi.

Ils demandent de la patience et de la bienveillance. Car se retrouver, ce n’est pas redevenir celui ou celle que l’on était avant, mais accueillir pleinement ce que l’on est en train de devenir.

Se choisir, sans se fermer au monde

Revenir à soi ne signifie pas se couper des autres ou renoncer à ses responsabilités. Cela signifie habiter sa vie avec plus de justesse. Dire oui quand c’est un vrai oui. Dire non quand c’est nécessaire. Se choisir non par égoïsme, mais par respect de son équilibre intérieur.

Paradoxalement, plus on est aligné avec soi-même, plus la relation aux autres devient simple, authentique, vivante.

En conclusion

Se perdre pour mieux se retrouver n’est pas un détour inutile. C’est souvent une étape indispensable sur le chemin de l’authenticité. Le silence intérieur, loin d’être un vide menaçant, est un espace de réajustement profond. C’est là, dans ce calme retrouvé, que l’on peut enfin entendre sa propre voix — et recommencer à avancer, non plus par obligation, mais par choix.

💫 L’art d’Être Soi


© Copyright Véronique Frejefond






 
 
 

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