
Quand on attend plus..
- Veromedium Frejefond

- 20 janv.
- 2 min de lecture
Quand on n’attend plus que la vie nous épargne
Il arrive un moment où l’on ne demande plus à la vie d’être douce.
Non pas par résignation,
mais par maturité.
On comprend alors que la paix ne vient pas
quand tout est épargné,
mais quand on cesse d’être en guerre
avec ce qui a été.
Ce moment n’a rien d’héroïque.
Il est discret.
Il s’installe quand on est fatigué de lutter
contre ce qui ne changera pas.
La fatigue de vouloir que tout soit différent.
Pendant longtemps, beaucoup vivent dans une tension invisible :
celle de vouloir réparer,
corriger,
adoucir ce qui a déjà eu lieu.
On revisite les scènes.
On refait les dialogues.
On imagine ce qui aurait pu être dit, fait, choisi autrement.
Mais cette lutte intérieure épuise plus que les événements eux-mêmes.
Car elle maintient l’âme coincée
dans un passé qui ne répond plus.
Le basculement intérieur : accepter sans se résigner
Accepter n’est pas approuver.
Accepter n’est pas oublier.
Accepter, c’est cesser de se battre contre une réalité figée.
C’est dire :
« Cela a été. Et je suis encore là. »
Ce basculement intérieur change tout.
Il libère une énergie immense, jusque-là retenue
par le refus, la colère ou l’espoir déçu.
Quand la douleur devient un passage, non une identité
La douleur n’est pas le problème.
C’est l’endroit où l’on s’installe en elle qui fait souffrir.
À partir du moment où l’on cesse de se définir par ce qui a blessé,
la douleur devient un passage.
Un enseignement.
Un seuil.
Elle ne disparaît pas toujours immédiatement,
mais elle cesse de gouverner.
Habiter le présent sans crainte
Quand on n’attend plus que la vie nous épargne,
on commence à vivre autrement.
On devient plus présent.
Plus attentif aux instants simples.
Moins dépendant de ce qui pourrait arriver.
On cesse d’anticiper les pertes.
On cesse de se protéger excessivement.
On cesse de retenir ce qui doit circuler.
Le présent devient habitable.
Même imparfait.
Une force douce, née de l’acceptation
Cette force-là ne crie pas.
Elle ne prouve rien.
Elle ne cherche pas à convaincre.
Elle se manifeste par des choix plus calmes.
Des limites plus claires.
Une capacité nouvelle à dire non sans se justifier.
Elle ne rend pas insensible.
Elle rend stable.
La spiritualité du réel
Il n’y a rien de plus spirituel
que d’accepter pleinement son humanité.
Les émotions contradictoires.
Les élans interrompus.
Les amours incomplètes.
Les deuils sans réponse.
La vraie spiritualité ne cherche pas à fuir la vie.
Elle apprend à la traverser.
Conclusion : vivre sans attendre d’être épargné
Ne plus attendre que la vie nous épargne,
ce n’est pas devenir dur.
C’est devenir vrai.
C’est accepter de marcher
avec ce qui est là,
sans ajouter de résistance inutile.
Et paradoxalement,
c’est souvent à cet instant précis
que la vie devient plus douce.
Non pas parce qu’elle change,
mais parce que nous avons changé
notre manière de l’habiter.
💫 L’art d’Être Soi
© Copyright Véronique Frejefond





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