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Quand on attend plus..

Quand on n’attend plus que la vie nous épargne

Il arrive un moment où l’on ne demande plus à la vie d’être douce.

Non pas par résignation,

mais par maturité.

On comprend alors que la paix ne vient pas

quand tout est épargné,

mais quand on cesse d’être en guerre

avec ce qui a été.

Ce moment n’a rien d’héroïque.

Il est discret.

Il s’installe quand on est fatigué de lutter

contre ce qui ne changera pas.

La fatigue de vouloir que tout soit différent.


Pendant longtemps, beaucoup vivent dans une tension invisible :

celle de vouloir réparer,

corriger,

adoucir ce qui a déjà eu lieu.

On revisite les scènes.

On refait les dialogues.

On imagine ce qui aurait pu être dit, fait, choisi autrement.

Mais cette lutte intérieure épuise plus que les événements eux-mêmes.


Car elle maintient l’âme coincée

dans un passé qui ne répond plus.

Le basculement intérieur : accepter sans se résigner

Accepter n’est pas approuver.

Accepter n’est pas oublier.

Accepter, c’est cesser de se battre contre une réalité figée.

C’est dire :

« Cela a été. Et je suis encore là. »

Ce basculement intérieur change tout.

Il libère une énergie immense, jusque-là retenue

par le refus, la colère ou l’espoir déçu.


Quand la douleur devient un passage, non une identité

La douleur n’est pas le problème.

C’est l’endroit où l’on s’installe en elle qui fait souffrir.

À partir du moment où l’on cesse de se définir par ce qui a blessé,

la douleur devient un passage.

Un enseignement.

Un seuil.

Elle ne disparaît pas toujours immédiatement,

mais elle cesse de gouverner.

Habiter le présent sans crainte

Quand on n’attend plus que la vie nous épargne,

on commence à vivre autrement.

On devient plus présent.

Plus attentif aux instants simples.

Moins dépendant de ce qui pourrait arriver.


On cesse d’anticiper les pertes.

On cesse de se protéger excessivement.

On cesse de retenir ce qui doit circuler.

Le présent devient habitable.

Même imparfait.

Une force douce, née de l’acceptation

Cette force-là ne crie pas.

Elle ne prouve rien.

Elle ne cherche pas à convaincre.

Elle se manifeste par des choix plus calmes.


Des limites plus claires.

Une capacité nouvelle à dire non sans se justifier.

Elle ne rend pas insensible.

Elle rend stable.

La spiritualité du réel

Il n’y a rien de plus spirituel

que d’accepter pleinement son humanité.

Les émotions contradictoires.

Les élans interrompus.

Les amours incomplètes.

Les deuils sans réponse.

La vraie spiritualité ne cherche pas à fuir la vie.


Elle apprend à la traverser.

Conclusion : vivre sans attendre d’être épargné

Ne plus attendre que la vie nous épargne,

ce n’est pas devenir dur.

C’est devenir vrai.

C’est accepter de marcher

avec ce qui est là,

sans ajouter de résistance inutile.

Et paradoxalement,

c’est souvent à cet instant précis

que la vie devient plus douce.

Non pas parce qu’elle change,

mais parce que nous avons changé

notre manière de l’habiter.


💫 L’art d’Être Soi

© Copyright Véronique Frejefond


 
 
 

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